A Jean-Luc Giraud avec l’aide de Laurent Danchin
A quatre fois 20 ans, Jean-Luc Giraud, né le 2 mai 1945 à Saint Etienne, ex Maître-assistant à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, où il a fondé l’atelier d’infographie, enseigné le dessin et la peinture dans diverses écoles d’art à Nantes, Lyon et Angers , s’en est allé rejoindre son ami Laurent Danchin . Le Duo reconstitué ne devrait pas tarder à faire rebattre les ailes des anges un tantinet endormis en cette période troublée.
«En 2006, à l’occasion de son exposition « Portraits Embordurés , j’ai rencontré en 2006, Jean-Luc Giraud à Paris, à La Halle Saint Pierre, un des hauts lieux des Arts Hors les Normes, grâce à son complice et ami Laurent Danchin écrivain, journaliste et spécialiste français des Arts Singuliers » .
Ils avaient accepté, par amitié, de venir exposer à Brou (Eure et Loir) pour faire partager leur passion pour l’Art et les relations humaines. Lors de leur conférence ils avaient offert au public un brillant entretien sur le dessin et l’enseignement. Amis de longue ils avaient su faire partager leurs réflexions sur la création en s’appuyant sur des petits films réalisés par Jean-Luc Giraud. Leur complicité avait été manifeste.
« Depuis longtemps Jean-Luc Giraud s’est choisi lui-même comme objet d’étude. C’est son visage, ou plutôt la représentation qu’il a l’habitude de s’en faire, qu’il utilise comme base de ses rêveries et divagations : un stéréotype presque machinal décliné en de multiples variations illustrant les incertitudes sur ce qu’est l’individualité, le Moi, Soi-même, mais aussi le temps, la folie, la raison, toutes les métamorphoses de la réalité et, finalement, l’énigme du caractère éphémère de la personne humaine, croissant puis se décomposant comme un sujet naturel » avait raconté Laurent Danchin.
Jean-Luc Giraud qui a été aussi un auteur de courts-métrages, dessinateur et peintre, a exploré tous les supports et toutes les techniques de l’image, des plus traditionnelles : gravure, peinture à l’huile, fusain, collages, infographie, en passant par le cinéma d’animation, la photo peinte ou la prise de vue réelle.
« Son univers très personnel, où se mêlent fantasmes ou fantaisies érotiques et autoportraits, oscille entre le réalisme poétique, la figuration grotesque et une forme hallucinatoire, voire médiumnique, d’approche de l’image, tirant parti de tous les accidents du support, provoqués ou involontaires. Fragmentaire en apparence, obsessionnelle, sans complaisance, cette obstinée recherche de soi, traquant une vérité fugitive soumise aux caprices du temps, s’inscrit dans le courant d’une sensibilité nouvelle mêlant peinture, cinéma et édition, au-delà des frontières des genres traditionnels » avait ajouté Laurent Danchin.
Par la suite Jean-Luc Giraud l’artiste et Laurent Danchin le conférencier avaient participé en 2009 à la première Friche de l’art que j’avais organisée à Anet avec LECAP ( Loisirs Ensembles Culture Art et Patrimoine). En 2021 je l’avais retrouvé à la Chapelle Saint Marc Espace Galerie de la Communauté de Communes pour une exposition en duo avec Jean-Michel Chesné où il avait présenté une foultitude d’autoportraits qui avaient séduits les visiteurs. La haut ils vont se payer sa tête ou se la faire le voyant arriver.
JPF
2010 Vœux de Jean-Luc Giraud, Portraits Embordurés
Jean-Luc Giraud : LE BON MODELE. En général on ne me croit pas, mais c’est pourtant vrai : Si je dessine mon propre visage beaucoup plus souvent que celui d’autres personnes, c’est avant tout parce-que je sais prendre de la distance vis-à-vis de lui. Je regarde sans émotion particulière les volumes qui le forment, essayant de saisir la lumière qui s’y promène, toujours différente, le jeu des vides et des pleins, etc. Je pourrais dessiner avec la même approche un paysage, la façade d’un immeuble ou un tas de pommes de terre.
Le visage des autres, c’est une autre affaire ! Bien vite je me retrouve ému. L’empathie me gagne, ou au contraire la répulsion. Mais le pire - adieu façades, paysages et patates ! - c’est que je me mets à vouloir « faire ressemblant ».
La personne qui pose pour vous, il faut soit la payer soit lui parler, parfois même les deux à la fois. Entre moi et moi, c’est gratuit et silencieux. (Sauf de temps en temps un sifflotement ténu).
Je pose bien. J’anticipe les souhaits du dessinateur tout comme il respecte les miens. Nous sommes toujours prêts à nous excuser réciproquement quand l’un des deux n’a pas la forme. On s’entend bien.
LA GRANDE MISERE DE L’AUTOPORTRAIT .
En dépit de l’exemple de Rembrandt qui en avait fait une industrie, l’autoportrait est un produit qui se vend en général très mal.
… Et si l’on peut encore croiser aujourd’hui quelque attardé désireux d’orner son salon d’un portrait figuratif plutôt que d’une œuvre conceptuelle, à tous les coups il choisira hélas une tronche de sa famille, de la grand mère jusqu’au petit chien, plutôt que la mienne. Jean-luc Giraud